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D'AMOUR ET DE GEHENNES

Il est des matins de vive allégresse,
Pleins de coeurs-soleil et de chants d'oiseaux.
Mais il est des Cieux flagellée d'éclairs,
Chargés de linceuls et d'apocalypses.

Il est des printemps comblés de promesses,
Où l'Amour se love aux nids des avrils.
Mais il est des sols qui portent le deuil,
Des forêts en cendre au coeur de géhennes.

Il est des regards d'offrande éblouie,
Que jalouse un ciel de lucidité.
Mais il est des yeux à jamais éteints,
Où s'attarde et joue un rais de lumière.

Il est un Empire à l'asphalte d'or
Suaire promis aux Fleurs de misère,
Cité de ghettos, aux aubes de sang,
Où l'on tresse encor l'épine en couronnes.

Pour tous ces matins, ces forêts en cendre,
Ces " Fleurs de Misère " aux regards éteints,
Ces aubes de sang, ces ghettos humains,
Pour l'Oeuvre de l'homme... Ô mon Dieu, PARDONNE !