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PROMESSE

Si je reste, vois-tu,
C'est pour le rosier nu,
Ivre encor de ses Roses
Et de nuits embaumées.
C'est pour un lilas blanc,
Chaque printemps fidèle,
Impatient d'oiseaux,
De nids et frissons d'ailes !

Si je reste, vois-tu,
Quand l'hiver est venu,
C'est pour la neige en pleurs
Sur la lèpre des pierres.
Pour les vergers d'amour,
Pour l'aube ébouriffée,
La promesse des fleurs,
La Vie à recréer !

Si je reste, vois-tu,
C'est que les roses mortes
Parlent encor d'espoir
Au coeur du rosier nu.
Et que près des tombeaux,
A jamais solitaires,
Il est des chants d'oiseaux
Messagers de prières !