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C'ETAIT MON COMPAGNON

Il avait nom FANFAN, traînait dans mon jupon.
Mais depuis ce matin, c'est en vain que j'appelle.
A mon âpre douleur nul écho ne répond :
Il s'est éteint sans bruit, ce compagnon fidèle !

C'était comme un adieu, ce beau regard limpide,
Et je n'ai pas compris cet appel angoissant.
Ce n'est qu'en soulevant son corps froid et rigide
Qu'une larme d'amour jaillit sur l'innocent !

Tu ne grimperas plus le soir sur mes genoux,
Ronronnant de plaisir, quêtant une caresse ;
Tes prunelles de feu dans tes grands yeux si doux,
Jamais plus ne liront l'angoisse qui m'oppresse !

Dérobant aux regards cette peine secrète,
Qui donc me comprendrait ? Tu n'étais qu'un chaton !
Mais en ton souvenir, une âme de poète
Versera quelques pleurs pour funèbre oraison.