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NOS VIEUX

Ils aiment deviser sur les vieux bancs de bois,
De souvenirs pieux, d'un béguin d'autrefois.

Chacun revit "sa guerre" et l'enfer de Verdun.
Le rappel des absents vient émouvoir plus d'un.

Et sous le faix, courbés par l'usure des ans,
Ils vont à pas perdus, incertains et pesants.

Le Temps seul a marqué sa griffe sur les fronts,
Stérile laboureur et creusé ses affronts.

Mais leurs yeux ont gardé jalousement du Ciel,
Tous les éclairs d'orage et tout l'or du soleil !

Et tant qu'ils reviendront deviser sur les bancs,
Ils garderont au coeur un éternel printemps !